Vers le centre du Mozambique, 21 octobre 2006

Le 21 octobre dernier (eh, oui, ça remonte !), nous avons profité de la visite d’une amie parisienne pour voyager vers le centre du pays. 

La route de Maputo à Inhambane est asphaltée, enfin, en partie. C’est sans compter le nombre de déviations sur les pistes de latérite rouge, pour cause de travaux. Avouons, que bien que rallongeant le trajet, c’est plutôt pittoresque de passer dans ces petits villages ou à travers la savane. 

Nous faisons la route d’une traite. 7h pendant lesquelles nous avons l’énorme chance que Joseph apprécie le paysage ou dorme ! 

On longe la sucrerie de Chivavane, dont les cannes d’un vert vif viennent rompre l’aridité du paysage. 

Le bord de la route est une boutique à ciel ouvert… (guère achalandée certes, mais néanmoins….) : sacs de charbon, noix de cajou, nattes tressées, pots de terre, etc… 

A hauteur des fleuves et des rivières, on vend des poissons vivants à bout de bras. 

Dans les villages, des pierres sur les toits maintiennent les taules en cas de vent violent. 

Près des puits, c’est une ribambelle de seaux de toutes les couleurs qui attend le liquide si précieux. 

Après Bilène, le paysage est à nouveau plus plat, les arbres disparaissent pour laisser place à de petits arbustes secs. 

Dans la plaine du Limpopo, on se fait surprendre par un épais brouillard de fumées. Feux incontrôlables non loin de la route qui coupe les marais. Les troupeaux traversent. 

La route fend, toute droite, une savane sèche et aride. 

Plus loin, en lacet, elle creuse une végétation devenue plus touffue, où apparaissent des cases rondes en roseaux et en paille. 

Les greniers à riz ou à mil, comme de petites cases, tiennent en hauteur. Equilibre précaire sur des structures de bois fines. 

Parfois, on laisse à droite et à gauche, des bâtiments en dur de quelque ville que l’on pourrait croire abandonnées, si l’on ne voyait apparaître des dormeurs affalés sur des bancs, ou des gamins jouant dans la terre. Elles disparaissent aussi vite dans la poussière. 

De certaines bâtisses, qui furent sans doute coloniales, il ne reste rien d’autre que des murs en ruine. 

Petite halte dans une de ces villes de passage sans âme, où nous dégotons un bouiboui avec deux tables, histoire de pouvoir faire déjeuner Joseph. Les sandwiches laissés au soleil à l’arrière du pick-up ressemblent à des paninis ! 

Les barrages de flics sont légion sur cet axe. Inévitablement, nous nous faisons arrêter maintes fois. A l’un des barrages, le flic nous a surpris à 55 au lieu de 40, comme l’indiquait le panneau peint à la main et rajouté juste après celui de 60… ce qui laissait peu de marge de manœuvre pour ralentir. A moins de piler un grand coup ! 

Heureusement, la flicaille a du récupérer suffisamment de fric avec les précédents, et nous laisse partir. 

L’un des postes de police est installé dans une bâtisse en ruine. Sans vitre. C’est pratique : ça permet de flasher les voitures en restant à l’ombre, sans bouger de son siège, et en tendant simplement le bras ! 

Au fur et à mesure de notre avancée, le paysage change, les arbres grandissent et les bas-côtés se font plus verts. 

L’habitat est plus cocasse aussi : ce sont de grosses cases rondes coiffées de feuilles de canne dont l’extrémité n’a pas été coupée, on dirait de véritables perruques. 

Tout au long de la route, il y a des arbres de Noël : de petits marchands ont planté un arbre. Quelques branches mortes, en réalité, auxquelles ils suspendent des sacs plastiques blancs remplis de noix de cajou séchées ou grillées. Ils attendent le chaland, ils flânent ou bien même ils ne sont parfois pas là… sûrement pas loin, derrière un taillis, ou dans un fossé en train de pioncer, qui sait ? 

La route passe par Quissico. De là, on domine toute une baie et deux lagons intérieurs. La vue est magique : des lignes bleues et vertes qui se superposent étirant l’horizon, cassées par-ci par-là par un liseré de sable blanc. 

En arrivant dans la région d’Inhambane, les cocotiers dominent le paysage et l’habitat devient carré. Les maisons, aux murs composés de liasses de roseaux tenus par des traverses de bois horizontales, sont plus colorées : les portes et le bois, sont peints. 

Inhambane est située sur une presqu’île, côté  ouest. Elle s’est ainsi abritée des vents et des cyclones. L’eau est calme, paisible comme les rues de la ville. 

Quelques bâtiments coloniaux, la mosquée, la gare, éclatent de blancheur sur le ciel bleu. 

Axe principal, la place de l’indépendance part de la gare et plonge dans la mer au bout de l’embarcadère pour Maxixé, la ville qui lui fait face sur la côte. Nombre d’armateurs ont abandonnée leurs épaves dans cette mer à l’allure de fleuve. 

On ressent ici le même renoncement que dans les villes cédées par la colonisation. 

Et pourtant, la région fut florissante. Elle fut dès le Xè siècle, au cœur des échanges marchands avec les Arabes et les Portugais : or, ivoire, et surtout trafic d’esclaves qui devint tristement sa richesse première. En 1730, les Portugais s’y établirent durablement, et fondèrent un fort quelques années plus tard, pour éloigner les envieux. 

Maintenant, c’est une ville fantôme, une ville de passage touristique, mais de passage seulement. 

Nous continuons la route direction nord-est, pour atteindre la pointe de Barra. 

C’est face à la plage de Barra, que nous prenons nos quartiers au Barra Lodge. 

Un bungalow familial, protégé de l’océan par une dune de sable retenue par une rangée de cocotiers. 

Le bungalow respecte les constructions locales : liasses de roseaux soutenues par des traverses de bois… Les ouvertures sont donc fréquentes, et on voit parfois le ciel à travers le toit. 

C’est plutôt rudimentaire, mais sympathique… mis à part le prix. 

Il faut savoir que les sud-africains qui ont investit, ici, dans le tourisme se comportent comme des voyous. Ils pratiquent des prix inabordables dans certains endroits pour des prestations plus que moyennes… Le pire étant que parfois les réservations et les paiements se font, non pas au Mozambique, mais directement en Afrique du sud… Ce qui signifie bien entendu qu’outre les salaires des employés locaux, rien d’autre ne revient au pays ! Mais, visiblement c’est une volonté politique commune aux deux pays, les uns y trouvant leur compte… mais les autres aussi ! 

Bref, passons. Le complexe hôtelier est plutôt agréable, il y a une belle piscine, et on peut dîner sur la plage. 

Plage qui d’ailleurs est vaste, s’étend à l’infini, et abrite à marrée basse de petites flaques tièdes entre deux bancs de sable, où on peut baigner Joseph et le laisser jouer à son aise. 

Nous passons donc trois agréables journées à flâner sur ces étendues baignées de soleil et balayées du souffle de l’océan. 

Quelques escapades à droite à gauche, nous permettent de visiter les autres baies, tout aussi touristiques. 

La piste pour aller rejoindre Ponta Barra, après les mangroves, se perd dans l’eau… Impossible d’en trouver l’issue. Ne connaissant pas la profondeur de ces miroirs trompeurs, nous préférons rebrousser chemin. 

On prend plus vers l’est vers Tofo et Tofinho. Sur la route, on ramasse deux jeunes filles missionnaires américaines, et une famille avec deux enfants. Hop ! tout le monde à l’arrière du pick-up. Il fait un soleil de plomb et les petits ont l’air fatigués, même s’ils ne disent rien trop intimidés. 

A Tofinho, on monte jusqu’aux Casas John. 

De là, le panorama est plus sauvage : le sable s’efface sous les masses sombres des rochers où vient se briser l’écume blanche d’un océan furieux. 

 En rentrant à Maputo, nous coupons la route. 

Une halte est bienvenue, surtout pour Joseph qui trouve qu’il a eu sa dose de voiture. 

Ca l’amuse déjà beaucoup moins qu’à l’aller ! 

En approchant de Chidenguele, un peu avant XaiXai, les artisans exposent le long de la route de grands masques de bois sombre, d’à peu près 1 mètre de hauteur. 

Des serpents argentés filent sur la route. 

Dans une mare, en contrebas, des gamins se baignent et se lancent des algues. 

On bifurque sur la piste qui s’engage dans le village à gauche. Elle monte découvrant un paysage à la végétation éparse et sèche qui domine des lacs. 

Au bout de la piste… le bout du monde, de hautes dunes de sable et l’Océan. 

Au loin, on aperçoit le souffle des baleines. 

Pour finir la journée, un bain dans ce flot aux épais rouleaux, ça vaut le coup. 

Le vent soulève le sable et forme un brouillard fin dans lequel se dissout l’horizon de cette plage immense et déserte. 

En rentrant sur Maputo, on travers la grande plaine de Palmeira irriguée par le fleuve d’Incomati : contraste de verts rompus par les lignes sombres d’arbustes éparses. Des femmes attendent sous leurs parapluies sombres pour se protéger du soleil. 

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